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Imagine 2015 Saison 4 : 27 et 28 mai 2010

« COMMUNIQUER MIEUX, ENTREPRENDRE AUTREMENT ? »
Réinventons la relation outils, entreprise, collaborateurs, société

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Zipcar : la voiture en réseau



On ne va pas vous le cacher, on aime Zipcar. Pas seulement parce qu'on peut rouler dans des voitures jaunes à pois verts (il y en a de toutes les couleurs, même des grises pour les ingénieurs et des noires pour les patrons) ; pas seulement parce que Zipcar fait vivre le concept déjà plus très nouveau de "car sharing" ; pas seulement parce qu'une voiture partagée c'est 15 à 20 voitures de moins sur la route, donc 6500 voitures partagées ça fait... euh... quand même pas mal et c'est qu'un début ; pas seulement parce que ça tourne sur iPhone (la réservation pas les voitures) mais aussi sur des ordinateurs tout ce qu'il y a de normaux...



Image : Zipcar

... pas seulement parce que c'est drôle (si vous ne nous croyez pas regardez ici), mais parce que chez Zipcar ils ont compris deux ou trois choses essentielles à qui veut développer de nouveaux comportements chez les consommateurs. Et la question posée n'est pas tout à fait triviale, en gros ça consiste à dire : comment bâtir une civilisation du partage des biens de consommation sans verser dans le collectivisme à velours côtelé avec les pièces aux coudes et aux genoux ? En faisant des voitures jaunes à pois verts ? Oui mais pas que... Le but c'est que la vie d'après soit meilleure que la vie d'avant, pas moins ! Et pour ça il faut :

- 1/ Que le garage le plus proche soit... proche tout simplement. Expérience faite à San Francisco (downtown quand même), la densité des parkings Zipcar est très élevée. Où qu'on soit, c'est à deux pas...


Image Zipcar / Google Maps

- 2/ Qu'il y ait toujours une voiture disponible quand on en a besoin, parce que la voiture c'est la liberté et que la liberté n'est pas négociable.

- 3/ Que ce soit simple, direct, rapide et qu'on sache toujours exactement à quoi s'en tenir, bref l'inverse de la recherche d'un taxi à Paris à cinq heures un jour de pluie par exemple.

- 4/ Que la jouissance soit individuelle même si la propriété est déléguée (plutôt que partagée en l'occurrence).

Et c'est pour ça que Zipcar est un service de communication avant d'être un service de transport, un service d'émotion avant d'être de vie pratique, un service de réseau en même temps que de mobilité. Un exemple : comment ont-ils résolu la toute bête question du plein ? Qui le fait ? Qui paye ? Comment le sécurise-t-on ? La réponse est une simple solution de télécom enveloppée dans pas mal d'ergonomie et un peu de civisme.

On vous recommande donc chaudement de faire le plein lorsque le réservoir de la voiture que vous conduisez atteint le quart. Pas de chance, ça tombe sur vous (et ça permet de constater que les conducteurs Américains ont ceci en commun avec les Marseillais du Vieux Port qu'ils en connaissent un rayon en matière de "petit quart", ce qui est bien moins, bien, bien moins, qu'un "petit tiers" croyez-nous ; bref, ça tombe sur vous...) Vous arrivez benoîtement à la pompe à essence... vous vous saisissez du petit bout de plastique qui vous attend dans le pare-soleil, vous le glissez dans la fente destinée habituellement aux cartes de crédit, vous saisissez votre numéro de conducteur ET le kilométrage (enfin le mileage) courant de la voiture... et vous pompez comme un Shadok heureux. Pas de débit côté consommateur, pas de risque de fraude côté Zipcar : la seule chose qu'on peut payer avec cette carte c'est de l'essence, seulement pour cette voiture-là, et seulement à ce moment-là; la connection permanente de tous les véhicules permet de contrôler en temps réel et ça marche comme dans un rêve. Quand on connaît la difficulté de passer un simple appel depuis une cabine publique avec une calling card Verizon ou AT&T, on peut vous dire qu'au début on n'y croyait qu'à moitié. Pour un peu on aurait refait le plein toutes les cinq miles pour cesser de s'en frotter les yeux.

La morale de cette "user experience", c'est que ce sont souvent de toutes petites solutions parfaites qui font tenir debout les grands édifices. Et qu'à l'inverse ce sont de petits diables dans de petits détails qui les flanquent irrémédiablement par terre. Parce qu'on peut vous dire qu'on n'aimerait pas du tout Zipcar si on avait dû galérer autant pour faire le plein que pour passer un malheureux coup de fil.

La deuxième morale, c'est qu'il faut changer la communication, changer l'information pour changer les façons de faire.

La troisième morale c'est qu'on peut faire ça en rigolant pour peu qu'on soit un brin multi-tâche.


This is not a real video. On vous l'a dit la vidéo est là...>>

Atelier du 20 à Nantes - quelques précisions

Ordre du jour disponible en pdf.

Pour les groupes de travail de l'après-midi, nous avons réfléchi à quelques pistes. Ce ne sont que des propositions, la constitution des groupes dépendra bien sûr du souhait des participants.

Techniques et processus de mémorisation : restauration, acquisition, pérennisation, conversion de support, stockage, archivage (aspects données, aspects outils).

Indexation à la source
: indexation, méta-data, côté source (production), indexation automatique…

Recherche
: indexation, recherche par le consommateur de
l'information, recherche rapide, recherche collaborative, recherche avec human computing.

Des outils pour oublier : droit à l'oubli, services type reputation defender, comment s'outiller pour l'oubli, possibilité de demander/signaler l'oubli à une instance de confiance...

Aspects juridiques du patrimoine numérique
: tiers / garant / des droits / droit à l'image / droit à l'information, héritage du patrimoine numérique, droits spécifique des contenus autoproduits, droit spécifique des productions collégiales, coproduction.


Au-delà du patrimoine audiovisuel
: par exemple le patrimoine urbain, identification, droits, captation, transposition dans le monde numérique, jeux, ce thème reste à préciser.

Business model archivage : exercice de réflexion autour d'un business model pour de l'archivage diversifié. Ce thème reste à préciser.

Cassandre in ad:tech

Quelques heures passées dans les couloirs d'ad:tech Londres, ces 24 et 25 septembre à l'Olympia National Hall, m'ont remis à l'esprit un débat ouvert l'an dernier par Imagine 2015.

Ad:tech c'est "The event for digital marketing". Comprendre : on y parle principalement de publicité sur Internet. Et accessoirement de "behavioral marketing" ou "ciblage comportemental". Et donc entre les lignes de petits cookies planqués sur mon disque dur.

Comment ça marche au juste ? Un éditeur de contenu sur Internet, par exemple un journal, une chaîne de télévision, un site communautaire..., passe un accord avec un serveur d'annonces comme 24/7 Realmedia (mais il y en a d'autres). Lorsque je fais une requête vers une page, la plus grande partie du contenu que j'affiche va provenir du serveur de l'éditeur, mais les pubs, elles, arriveront d'ailleurs, du serveur d'annonces qui centralise tout et qui va se charger de me "servir" les bannières sur lesquelles j'ai (on l'espère tous) les plus grandes chances de cliquer (frénétiquement). L'annonceur, lui, n'a pas seulement décidé d'annoncer sur tel ou tel site dans telle ou telle tranche horaire, non, il a exprimé son désir de me mettre sa proposition sous les yeux à MOI. Et tout le monde lui a répondu : "Pas de problème".

Son agence média, la régie du site, le serveur d'annonces qui parfois fait aussi régie... tout ça compose une chaîne de valeur (sans s) très efficace surtout que, à la fin, un logiciel s'occupe de tout. En fonction du type de campagne de l'annonceur (par exemple une opération de "branding" ou une action de marketing direct), en fonction de la façon dont l'éditeur souhaite valoriser son audience (dont je fais partie), en fonction de mon comportement d'aujourd'hui, ou mieux encore, de mes comportements passés sur le site (on appelle ça le "retargeting"), le logiciel va choisir en temps réel la bannière la meilleure pour moi. Un monde parfait.

Jusqu'au jour où je finis par trouver un peu raide que tout ça se passe derrière mon dos.

Un petit sondage auprès des professionnels révèle que :
- Beaucoup pensent que je m'en fous et que ça n'arrivera jamais (que je crie : "Stop !"),
- Certains hasardent que, malgré tout, un début de débat de société ne serait peut-être pas un luxe,
- Tous affirment respecter scrupuleusement les règles légales sur l'usage des données, qui sont "drastiques",
- La plupart se déclarent capables d'identifier n'importe quels chauves joueurs de Go qui aiment les pulls en mohair et écoutent Alain Souchon (ah ouais, quand même...),
- Aucun ne sait trop comment ça va tourner, tant qu'on gagne on continue et on verra bien après...

Mais c'est juste un sondage. Rien de scientifique. Rien de personnel non plus même si j'aime bien Alain Souchon.

Alors que dit Cassandre ? Elle dit que Mozilla a sans doute raison. Raison, dans la version 3.0.3 de Firefox, publiée comme en réponse à nos interrogations le 26 septembre, de donner à l'internaute les moyens de contrôler facilement ses cookies site par site et de révéler au grand jour ce qui se passe derrière son dos.
Elle dit que c'est une question d'étiquette et de rapport à l'autre, et qu'on ne peut pas construire une civilisation seulement en tâtonnant et attendant que des pouvoirs s'élèvent et nous empêchent de faire n'importe quoi. Il faut peut-être aussi, un peu, vouloir aller dans un certain sens. La recherche sociologique est indissociable de la recherche technologique.

En revenant d'ad:tech, nous pensions qu'il serait bon qu'un jour une publicité donne à l'internaute trop confiant une image frappante de ce que représente à ce jour la navigation sur Internet : c'est un peu comme sortir tout nu de chez soi et marcher tranquillement dans la rue alors qu'il y a du monde aux fenêtres. Nous pensions qu'un utilitaire "Cookie reader", capable de révéler au grand jour leur contenu, serait un premier pas vers une prise de conscience. Nous pensions que la danse des technologues derrière le rideau opaque de la complexité n'allait pas durer pour toujours, et que gagneraient ceux qui sauraient les premiers rendre leurs utilisateurs informés et "intelligents". "Aware", dirait JCVD. Mais après ce que nous venions de voir, nous pensions aussi que ce genre d'idée avait peu de chance d'être entendue, et que Cassandre aurait mieux fait de ne pas vexer Apollon après avoir reçu de lui le don de prophétie... Mozilla nous a redonné confiance.

Lors d'Imagine 2015 l'an dernier Clino Castelli avait dit : « Ce sont des règles, une étiquette, c'est le mot le plus souple que je peux utiliser, qui peuvent nous aider à avoir une société, une condition, où la technologie peut être bien gérée et bien aménagée sans grands problèmes de fond. [...] C'est comme certains peuples qui ne veulent pas être photographiés, ils ont raison. Ils pensent que si tu prends alors tu dois payer. »

Espérons donc que Castelli n'ait pas vexé Apollon, lui, et que dans nos projets innovants, nous gardions clairement en tête l'idée de toujours mettre nos utilisateurs sur un pied d'égalité avec les inventeurs. C'est vrai, il ne faudra pas se plaindre, il y a longtemps qu'on est censé savoir...

PS: Ah oui ! à toutes fins utiles, les cookies de New Scientist sont parfaitement indolores ;) et nous recommandons notamment cet article.


2007, Cancale

En juin 2007, à Cancale, s'est tenu le premier séminaire "Imagine 2015" sous l'égide du Pôle de Compétitivité Images et Réseaux.

Imagine 2015 ce sont des "Grands témoins" qui échangent et confrontent leurs points de vue sur l'image et les médias dans une atmosphère créative, curieuse et studieuse à la fois. Le Pôle Images et Réseaux est en perpétuelle démarche de recherche, d'ouverture et de découverte, persuadé, selon sa présidente Christiane Schwartz, "que le double entrelacement des contenus et de la communication, mais aussi du réel et du virtuel, constitue son avenir". C'est la raison de cette démarche collective de réflexion, d'acquisition de connaissances nouvelles, mais aussi de dépassement de ces connaissances pour aller ensemble vers de nouveaux sauts imaginaires.

Alors qui sont les Grands Témoins qui viennent offrir aux acteurs du pôle leurs regards sur l'innovation et des pistes de travail ? Et comment sont-ils choisis ?

De fait, leurs débats ont porté tour à tour sur l'émotion, l'intelligence collective, les technologies face au défi environnemental, l'éducation à l'image, la surcharge des signes esthétiques, le comportement "magique" des objets, ou l'immanence et la simplicité comme lignes directrices de toute conception "durable". En deux jours de conversation et de rebonds, ils ont laissé derrière eux une quantité d'idées et de pistes ouvertes que nous avons recueillies dans notre tamis et qui feront pour la plupart l'objet de billets sur ce blog.

L'innovation et l'imagination ne se décrètent pas. Mais l'anticipation et l'attention aux signaux faibles peuvent devenir une attitude, d'autant plus profitable qu'elle est collective et s'échange. Le blog d'Imagine 2015 est celui d'une communauté qui ne croit pas que l'avenir appartienne à quelques décideurs, mais qu'il est notamment le produit d'une boucle d'interaction où chacun a sa part : nous projetons le futur, et le bâtissons dans le même mouvement par la simple intention que nous manifestons d'aller vers ce projet ou au contraire de le refuser.

Il est très difficile, voire impossible, d'anticiper seul les usages des technologies et la façon dont elles s'adoptent ou se rejettent ; designers, industriels, chercheurs, nous en sommes cependant responsables. La vérité émerge de l'interaction du nombre, ce blog veut en devenir le support.

En 2007 ils venaient d'horizons très divers : le cinéma, le design, la prospective, les neurosciences, et la conception par les usages. Cette hétérogénéité est au coeur de la démarche d'Imagine 2015 car elle sollicite l'écoute et la curiosité de tous, et dès lors nul ne peut prévoir où s'engagera le dialogue.